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les Bleues battues mais grandies

Si aucune Française n’est parvenue à rejoindre les huitièmes de finale après les deux premiers tours de match play, l’expérience acquise côté tricolore lors de ce Ladies British Open Amateur n’est pas négligeable même pour les recalées du cut. La loterie du match play aura eu raison d’entrée de la tenante du titre suédoise Julia Engstrom. De quoi relativiser.

Ariane Klotz : objectif atteint

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Ariane Klotz n’a pas à rougir de sa première dans le tournoi.

Première Française engagée dans les match play, Ariane Klotz faisait face à l’Irlandaise Mairead Martin, une habituée de ce genre d’épreuves. Son expérience s’est d’ailleurs vite fait sentir puisqu’elle arrive au départ du 9 avec deux trous d’avance.

Collée à un buisson et forcée de se dropper, la Néo-Calédonienne sauve un joli par mais voit son adversaire obtenir un birdie avec une maîtrise implacable de ce par 5 pour passer 3UP.

Les neuf trous du retour, qui avait souri à la Française lors du premier tour, pouvaient voir naître une remontée. Or, l’élément indispensable du match play qu’est le putting n’est pas au rendez-vous. Trop courte ou au bord du trou, Ariane Klotz voit les opportunités lui filer sous le putter au 10 et 11 où les birdies ne tombent pas.

Alors que l’Irlandaise rate sa mise en jeu sur le par trois du 12, l’étudiante dans le Delaware manque elle aussi le green et partage un bogey frustrant.

Frustrant car Mairead Martin n’a pas manqué de piquer la Française sur ses moments de faiblesse. Le 13, où son drive à gauche l’oblige à un recentrage sans pouvoir assurer le par derrière, en est un bon exemple. Avec quatre coups dans le rétroviseur sur le dog leg droit du 14, l’affaire se corse d’autant que la joueuse de la Ouenghi manque deux mètres pour birdie en descente. Un par de chaque côté au 15 met fin au suspense 4&3.

« Je n’ai pas bien tapé la balle aujourd’hui d’autant que je n’ai pas su saisir les fenêtres de tir pour remonter, explique Ariane. Je suis toutefois contente de m’être qualifiée car c’était mon objectif en venant ici sachant qu’il y a de très bonnes joueuses cette semaine sur ce tournoi. » Ariane Klotz n’a pas fini de faire parler d’elle en dehors de nos frontières. 

Chloé Salort surprise mais en progrès

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Chloé Salort est montée en puissance tout au long de la compétition.

Opposée à la Suissesse Elena Moosmann, Chloé Salort avait un match compliqué à aborder face à une adversaire de trois ans sa cadette. La pensionnaire du Pôle France dames, à l’aise en match play, produit un jeu solide qui lui permet de franchir la route entre le 9 et le 10 en tête d’un trou.

Fermé et serré, le match s’emballe sur le trou 13 où la golfeuse de La Boulie rentre douze mètres de l’extérieur du green pour birdie. Un putt qui dope la Tricolore dont l’approche au 14 est collée à deux mètres du drapeau pour un nouveau birdie.

Mais la joueuse helvète, dos au mur 3DN, réplique en plantant le drapeau sur le par trois du 15 afin de réduire l’écart. Requinquée elle aussi, la joueuse helvète réalise l’approche parfaite au 16 où elle se met donné. Malgré un bon trou, Chloé Salort ne peut faire mieux que par.

Alors qu’on pense que la jeune Suissesse de 15 ans va connaître une baisse de régime, elle frappe à nouveau sur le 17 où son putt rentre sans jamais bouger de sa ligne, comme magnétisé. A égalité au départ du 18, la Française envoie son drive à gauche dans des hautes herbes très épaisses desquelles elle sort avec courage mais peu de distance. Un coup de trop fatal car le par ne tombe pas au contraire de celui d’Elena Moosman.

Avec cinq birdies sur les six derniers trous, les deux joueuses ont livré un match de très haut niveau qui n’aura pas tourné dans le bon sens à l’arrivée.

« J’ai très bien joué mais elle a rentré plus de putts et fait de plus de birdies que moi, souligne amère Chloé. Elle a été présente quand il le fallait. Je suis d’autant plus triste que j’ai mieux putté que lors de la qualification. Pas de regrets à avoir donc. » Des progrès constants sur les trois jours de bon augure pour le Championnat d’Europe cet été ? A l’entraîneur Patricia Meunier-Lebouc d’en décider.

La belle combativité de Mathilde Claisse

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Mathilde Claisse a su bien réagir dans la difficulté comme ici dans les hautes herbes sur le trou 11.

Forte de sa troisième place à la qualification, Mathilde Claisse avait les projecteurs braqués sur elle en tant que Française la plus à l’aise sur le parcours du Pyle & Kenfig Golf Club. Un statut qui a dû mal à se vérifier dans la matinée contre l’Anglaise Dulcie Sverdloff puisqu’elle est battue 2UP sur l’aller.

Sur le retour, le match peine à s’élever d’autant que le vent souffle fort ce qui n’aide pas les deux joueuses. Celles-ci se rendent coup pour coup profitant des erreurs de chacune mais la Britannique est la plus maladroite, une aubaine pour la pensionnaire du Pôle France Girls qui revient A/S à la sortie du 14. Les trous suivants sont partagés mais la fin de match est pénible laissant présager une prolongation.

Une erreur, à défaut d’un coup gagnant, peut faire basculer le duel. D’abord dans les hautes herbes puis dans un bunker avant de faire trois putts, l’Anglo-Saxonne concède un double bogey au 17 qui offre pour la première fois l’avantage à la joueuse de la Boulie, auteur d’un bogey. Le dernier trou est partagé, comme un symbole, sur un bogey également pour une victoire 1UP.

« Elle a joué incroyable au début mais je suis restée calme pour ne pas me faire trop distancer. Je suis revenue grâce à ses erreurs toujours sans m’énerver dans un match très bizarre voire désordonné donc contente de l’avoir emporté », reconnaît Mathilde. Une victoire longue à se dessiner, poussive dans la manière mais en même temps une bonne piqûre de rappel avant le seizième de finale de l’après-midi.

Car l’Espagnole Marta Perez Sanmartin est d’un tout autre calibre. C’est pourtant la golfeuse de La Boulie qui prend les devants grâce à deux jolis putts pour mener 2UP après trois trous. Un écart qui se réduit à mesure que son adversaire rentre dans la partie. Le birdie de la joueuse ibérique à l’expérience sur le par cinq du 9, afin de prendre la main à mi-parcours alors que la Tricolore a dû arracher le par après une belle sortie de bunker, donne le pas.

Alors que le vent ne faiblit pas et que la fatigue s’accumule, Mathilde Claisse perd les trous 11 et 12 sur des erreurs de mise en jeu. Mal embarquée, elle sort de son sac une belle approche au 13 pour s’adjuger le trou avec un par. Plus consistante, la Française fait douter sa rivale qui prend trois putts sur le green du 15. Un scénario qui s’inverse sur le trou suivant mettant l’Espagnole dormie.

Mais la Racingwoman ne lâche rien et profite d’une nouvelle faute au putting de cette dernière pour la pousser jusqu’au 18. Dans cette nouvelle fin de match débridée, le scénario du matin s’inverse contre la dernière Tricolore en lice qui s’incline 1DN sans démériter.

« Rien n’était fait dans ce match même au départ du 13, quand j’étais 3DN, car tout peut se passait sur les trous suivant qui sont durs. J’ai soufflé un bon coup en restant dans ce que je savais faire ce qui m’a permis de revenir. Ma caddie Candice (Mahé ndlr) m’a permis aussi de garder la tête froide toute la journée », analyse Mathilde.

Éliminée au stade des 32es de finale l’an passé, Mathilde Claisse franchit une nouvelle petite étape pour son deuxième Ladies British Open Amateur avec une belle qualification à la clé. De quoi attaquer le Annika Invitational en Suède la semaine prochaine sous les meilleurs auspices.

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