Victor Dubuisson

« Le Challenge Tour ? Je n’y pense pas »

Depuis le 9 juillet et une excellente huitième place à l’Open d’Irlande, l’un des huit Rolex Series de la saison 2017 de l’European Tour, Julien Quesne n’a jamais fait mieux qu’un top 20 (20e à l’Omega European Masters, le 10 septembre). Pire, sur ses neuf derniers départs, il n’a joué que deux fois durant le week-end… La faute à une mise en jeu bien trop juste pour pouvoir rivaliser avec les meilleurs. 

Dans quel état d’esprit êtes-vous au moment de prendre le départ de cet Italian Open où vous vous étiez imposé en 2013 du côté de Turin ?
Compte tenu de la saison, je ne suis pas au top. J’essaie néanmoins de prendre du recul. 

C’est-à-dire ?
J’essaie de prendre du recul en me disant que le plus important est de retrouver mon niveau de jeu. Et les résultats suivront. Aujourd’hui, le niveau sur le grand jeu n’est franchement pas bon (Ndlr, sa moyenne est de 54,59 % de fairways touchés alors qu’elle était de 65 % en 2013, l’année où il remporte l’Italian Open). Il y a des points positifs sur le chipping, sur le putting, sur les sorties de bunker mais tout ce qui est au-dessus du fer 7, ce n’est pas terrible ! 

Depuis combien de temps cela dure-t-il ?
Depuis un an. Et je tourne en rond. J’ai cherché dans tous les sens… J’ai cherché dans le swing, dans la technique… On cherche avec Benoit (Ducoulombier). Là, depuis lundi soir, on a mis le doigt sur quelque chose… On va voir si ça tient ou pas. 

La situation est clairement difficile pour vous. Il vous reste deux tournois pour sauver votre carte…
C’est ça. Sinon, ce sera les Cartes européennes ! 

Est-ce le genre de scénario auquel on songe malgré tout en début d’année ?
On évite d’y penser. Après, je suis quelqu’un de très anxieux. Je pense souvent au pire. Mais clairement, je ne pensais pas vivre ce que je vis en ce moment. Pas plus que ça… 

Pourtant il y a eu cette très encourageante 8e place à l’Open d’Irlande au début du mois de juillet. Dans un Rolex Series. Pensiez-vous alors être sur la bonne voie ?
Oui, car là-bas ma semaine dans le grand jeu a été top. Je jouais bien. Je retrouvais mon golf, je faisais un peu ce que je voulais avec la balle. Mais malheureusement, on a enchaîné la semaine suivante avec le Scottish Open. Il y a eu pas mal de vent et ça n’a pas tenu. Tous mes mauvais coups sont revenus au galop. 

Quelque part, votre salut cette semaine en Italie réside dans le fait que la dotation, sept millions de dollars, peut vous permettre de conserver votre carte avec un top 10…
Bien sûr. Je sais très bien que si je joue bien ici à Milan, je peux faire une très bonne place. Il faut juste que je retrouve mon golf. Je travaille pour. Je n’en dors pas la nuit. J’y pense tout le temps. Cela va se décanter un moment ou un autre. Et si ce n’est pas cette semaine, ce sera la semaine suivante. Et si ce n’est toujours pas le cas, ce sera plus tard. Et ce n’est pas très grave ! 

On vous sent un peu fataliste…
Non mais j’évite d’avoir trop d’attente. J’ai perdu un peu confiance mais après ça, je continue néanmoins à taper encore de très bons coups… Il n’y a pas que du négatif, heureusement. Mais hélas, mes mauvais coups me coûtent trop cher. Il faut que j’arrive à réduire cette marge d’erreur. Cela passe par un meilleur swing. 

En 2013, vous vous étiez imposé à Turin. Cette année, vous jouez à Milan. Est-ce un parcours différent dans sa conception ?
Non, c’est le même style de tracé qui me convient très bien justement. C’est plutôt un point positif. Il y a des petits greens où il faut poser la balle, où il faut bien chipper et bien putter. Il n’y a pas besoin de frapper trop fort. C’est plus le genre de golf qui me correspond. 

Benoit Ducoulombier est là avec vous cette semaine en Italie. Sa présence doit très certainement vous rassurer, non ?
Oui, j’aime bien qu’il soit. Quand il y a quelque chose qui ne va pas, on peut bosser tout de suite. Je ne perds pas de temps. 

Les exemples de Victor Dubuisson ou de Grégory Bourdy qui ont sauvé leur carte en Ecosse la semaine passée en signant un top 5 peuvent-ils vous permettre d’y croire encore ?
Bien entendu ! Romain (Wattel) l’a également prouvé il y a un mois au KLM Open alors qu’il faisait sa plus mauvaise saison sur le Tour. Après, ça reste du golf. On ne sait jamais. Honnêtement, je n’ai rien à me reprocher. Quelque part, même si cela ne se goupille pas bien cette année, et bien tant pis. Je reviendrai plus fort et cela me servira de leçon. Si ça peut me permettre d’avoir mis le doigt sur ce qui me pourri le swing depuis des années et des années et que je cherche à résoudre, cela n’aura pas été une mauvaise année. 

Repartir éventuellement sur le Challenge Tour…
(Il coupe) Je n’y pense pas du tout pour le moment. Je n’ai pas envie d’aller jouer sur le Challenge Tour. Je me suis un peu renseigné. Je sais que si je ne fais pas la carte, j’aurai cependant une catégorie sur le Circuit européen en 2018 qui me permettrait de disputer une douzaine de tournois. Sans oublier quelques invitations… J’irai peut-être jouer quelques tournois sur le Challenge Tour mais je ne ferai pas toute une saison. 

En revanche, repasser à la mi-novembre les Cartes, c’est plus dans vos objectifs ?
Oui. Si jamais je dois y aller, j’irai !   

En conclusion, cette saison est-elle la plus difficile que vous ayez eue à vivre depuis vos débuts sur l’European Tour ?
Oui, sans aucun doute. Après, j’ai connu également une période difficile sur le Challenge Tour (Ndlr, en 2006) où j’avais joué 23 tournois pour seulement cinq cuts franchis. J’avais gagné un peu plus de 3 500 euros, je crois… Dans une carrière, il y a des hauts et des bas. Aujourd’hui, j’ai de l’expérience, je suis beaucoup mieux armé que durant cette période-là. Il y a juste ce petit problème de swing qui entraîne de mauvaise mise en jeu et le fait de ne pas être compétitif. Mais j’ai bon espoir qu’on ait mis le doigt avec Benoit sur comment résoudre le problème. Celui-ci, on l’a identifié depuis longtemps. Sauf que l’on passe par des voies différentes et que ça ne tient pas plus de deux jours… Bref, on va voir. Je me donne à fond. Quoi qu’il arrive, je n’aurais pas de regret. 

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