L'année 2019 tricolore sur le circuit européen n'est certes pas la plus importante en quantité, mais je l'aime beaucoup en qualité. Cette semaine, je veux partager mon optimisme avec vous en vous présentant les forces de nos meilleurs ambassadeurs. Pleins feux sur les 11 couleurs tricolores qui porteront les couleurs de la vague française.

Les jeunes d'abord

Victor Perez (26 ans) fait un stage parfait avec 100% des coupes du passé, y compris une étape à Hong Kong. S'appuyant sur une très grosse cloison et une étanchéité de sang froid, il m'a rapidement convaincu de sa capacité à performer au plus haut niveau. L'adaptation au circuit européen est souvent compliquée et quand je vois comment ça se passe avec lui, je retire mon chapeau!

Romain Langasque (23 ans) est à mon avis le plus prometteur. Il m'a tout de suite impressionné quand je lui ai parlé du Challenge Tour. C’est un joueur qui n’a aucune faute dans son jeu et sa façon de combiner force et précision avec le pilote constitue un avantage indéniable. Sa première saison dans le Tour le servira à ne pas reproduire les erreurs qui ont stoppé sa progression, il y a deux ans. Lors du Masters 2016, il nous a montré que lorsqu'il était en forme, il pouvait rivaliser avec tous les joueurs. Il est temps de s’inspirer.

Romain Langasque lors de la Ryder Cup. (P.Lahalle / Équipe)
Romain Langasque lors de la Ryder Cup. (P.Lahalle / Équipe)

Clément Sordet (26 ans), l'outsider de ce groupe, est motivé pour se faire une place au soleil. En tant que vainqueur à quatre reprises du Challenge Tour, il est indéniable que ce jeune homme connaît la recette pour gagner dans un tournoi de golf. Ce talent ne peut pas être appris et la possession est un atout extrêmement précieux. Le jour où il se battra pour la victoire de dimanche, il devra peser avec lui.

Les chasseurs de victoires

Mike Lorenzo Vera (33 ans), alias "La balançoire". Il y a 20 ans, lors de nos tournois amateurs, il avait de loin le meilleur geste. Pureté, précision et fluidité, voilà comment nous illustrons le swing de Mike. Ce mouvement bien huilé lui a permis de s’installer sur le circuit depuis plusieurs saisons. Tout ce dont il a besoin, c’est la victoire et il l’a frappée du bout des doigts l’année dernière en Sicile. Ne vous inquiétez pas, il ne s'agit que d'un report, le basque est têtu.

Benjamin Hébert (31 ans) mène régulièrement les classements. Il ne lui reste plus qu'à terminer le travail. Son point fort est la régularité. Je me souviens d'avoir perdu des matchs contre lui, attendant désespérément qu'il soit blâmé. Il n’est pas obligé de révolutionner son jeu pour gagner, mais il devra réussir lorsque la piste s’adapte parfaitement à son style de jeu. Je pense qu'une victoire de sa part serait mon favori de la saison, sans hésitation.

Matthieu Pavon (26 ans) est à mes yeux la comète de la vague française. Depuis qu'il est professionnel, il a fait de grands pas en avant sur son chemin. Je ne peux pas vous dire quelles sont les limites. Le Bordelais n’a rien de trop jaloux des meilleurs pilotes du circuit et s’il fait chaud au putter, cela peut être très douloureux. L'un de ses points forts est qu'il a toujours été intelligent et qu'il a fait les bons choix pour sa carrière. Je suis convaincu qu'en maintenant cette ligne et en restant patient, il pourra mieux faire face à ce nouveau test qui le sépare de son premier trophée européen.

Matthieu Pavon à l'US Open 2018. (Presse sportive)
Matthieu Pavon à l'US Open 2018. (Presse sportive)

Vivez d'abord

Raphaël Jacquelin (44), l'homme avec quatre victoires et plus de 600 tournois disputés, est le plus vieux de ce quota. Bien sûr, il n’est pas aussi puissant que tous les jeunes artilleurs, mais n’oubliez pas qu’il sait gagner. Rien ne remplace l'expérience dans ce sport. "Il ne faut jamais sous-estimer le cœur d'un champion!", A déclaré Rudy Tomjanovich, entraîneur des Houston Rockets, couronné dans la NBA (1994, 1995).

Romain Wattel (28 ans) est le mélange parfait de jeunesse, de travail et d'expérience. Il est sur le circuit depuis neuf ans et a l'expérience d'un professionnel de 40 ans. Il sait ce qu’il veut et je peux vous dire qu’il n’ya pas de plus grand patron dans la tournée européenne. En travaillant avec Pete Cohen, il bénéficie de l'expertise de l'un des meilleurs entraîneurs du monde. Je suis sûr que cette combinaison donnera un cocktail explosif, lui permettant de faire ressortir le meilleur golfeur qu’il ait.

Mon préféré

Alex Levy (28 ans) n'a peur de rien. Il réunit toutes les qualités de nos meilleurs représentants. La puissance, le petit jeu vif, l'expérience et la force de combat sont des forces à toute épreuve. Il n'hésite pas à coopérer régulièrement avec des spécialistes étrangers et n'a pas peur de sortir de sa zone de confort pour progresser. J'aime vraiment cette étape courageuse. Quand je le vois jouer, il est clair qu'il est habité par le désir de gagner des tournois et à ces moments-là, "El Toro" réagit toujours.

J'avais manqué

Victor Dubuisson (28 ans) est absent du golf de compétition depuis un an et je suis très heureux de le revoir au tournoi. Croyez-moi, il est le plus talentueux! Il est capable de faire des coups de golf auxquels vous ne penseriez pas, même dans vos rêves les plus fous. Les deux performances qu'il a réalisées après une si longue absence sont extrêmement encourageantes (38ème à Dubaï, 18ème en Arabie Saoudite). Soyez indulgent et donnez-lui le temps de reprendre sa place. Une fois qu'il a repris confiance, il nous fait vibrer à nouveau comme s'il n'avait jamais été absent.

Vous allez me dire qu'il en manque un, et vous avez raison. Il s'agit de Julien Guerrier qui vient de terminer la meilleure saison de sa carrière. Malheureusement, il ne pourra pas conduire cette bonne dynamique et devra faire face à des problèmes physiques qui l’obligent à laisser ses clubs dans le garage toute l’année. Ce sont les dangers de la vie d'un golfeur professionnel. Prenez soin de vous et revenez encore plus fort.