Actualités Compétitions

Golf – World Cup – World Cup

Même si l’enjeu est honorable, tous les joueurs le disent, Andy Sullivan y compris, « cette semaine, c’est tranquille ». Plaisir avant tout. Les rires gras et lourds de Graeme McDowell et Shane Lowry se font entendre au practice, les blagues du premier fusent dans les oreilles de Rickie Fowler qui lui répond à l’autre bout du range, Wu Ashun fait les oreilles de lapin à José-Filipe Lima en interview tandis que certains affûtent leur chipping clope au bec. Un peu plus loin, entre deux coups de fers, Romain Langasque observe d’un oeil amusé le spectacle. « Ça rigole bien là-bas ». C’est aussi ça l’ambiance Coupe du monde. Plus détendue que d’habitude. À cheval entre les deux principaux circuits professionnels, le tournoi est une occasion pour les top players de se retrouver dans une compétition plus légère que celles auxquelles ils prennent part le reste de l’année. Et tout ça entre amis.

« Je crois que beaucoup de joueurs jouent ici en tant qu’amis et c’est notre cas mais par dessus tout, ce qui fait l’intérêt de l’équipe est ce que vous partagez pendant l’événement » – Graeme McDowell

Tous ne sont pas dans ce cas-là. La paire suédoise formée par Alex Noren et David Lingmerth par exemple, ne se connait que très peu. Alignés sur quelques mêmes tournois dans l’année, les deux nordiques jouent respectivement sur le l’European Tour et le PGA Tour et n’ont, par le passé, pas eu l’occasion de partager leurs coups de fers amateurs. En aucun cas un problème pour Lingmerth. « Je ne pense pas que ce soit un désavantage, c’est justement l’opportunité de se connaitre un peu mieux et pour notre stratégie de jeux, on a eu le temps de faire nos reconnaissances » assure-t-il. Même situation pour l’Espagne et le Danemark. Sur le sujet, Thorbjorn Olesen et Soren Kjeldsen en parlent avec beaucoup de dérision. Ils se décrivent comme opposés sur leur style de jeu, leur âge et que le seul point commun est le golf.

« J’ai 100% confiance en Romain et ce qu’il est capable de faire  » – Victor Dubuisson

Du fun et du plaisir

Chris Wood, Rickie Fowler, Russel Knox et Victor Dubuisson. Tous ont privilégié l’homme plutôt que le rang mondial – qui reste bon dans la plupart des cas – pour choisir leur compatriote. Ces quatre-là ont particulièrement attiré le regard des experts quant à la légitimité de leur choix. À croire que leur coéquipier n’est pas au niveau pour jouer la World Cup… Sans se fustiger, l’Ecossais Russel Knox, un parmi tant d’autres, se défend du droit qui lui a été donné en étant le premier de son pays au classement mondial. « Duncan (Stewart, ndlr) et moi nous connaissons depuis nos 12 ans et sommes meilleurs amis mais ce n’est pas que pour cela que je l’ai appelé. La règle m’autorise à choisir qui je veux dans le top 500, c’est ce que j’ai fait ». Pour la team USA, la logique veut qu’un binôme familier octroie des options de jeu plus fluides. « Jimmy et moi ne sommes pas que de simples amis, explique Rickie Fowler, on se côtoie énormément en dehors du parcours et je pense que c’est un avantage car on connaît nos caractères, nos réactions et on sait comment ne pas énerver l’autre ». Même position du côté français. « Je pense que c’est très important pour Victor d’avoir Romain » confie Axel Bettan, caddie de Romain Langasque.

« C’est cette bonne attitude qu’on a l’un envers l’autre qui nous garde bien dans le jeu » – Romain Langasque

Le résultat sur le parcours

Dans un sport si individuel, le format de la World Cup est une bouffée d’air collective qui fait remonter un seul et même mot à la bouche des joueurs : « fun ». On l’a vu sur le parcours. Ça se parle, ça se marre… Romain Langasque et Victor Dubuisson n’ont pas arrêté soit par des mots, soit par des regards complices. Les Américains, eux, se checkent du poing sur tous les greens. Wu Ashun et Li Haotong, le binôme chinois a également montré tout son feeling en célébrant d’un mythique chest bump son birdie du 16 jeudi. Pour beaucoup, la partie est plus amicale que compétitive. Pour d’autres, le résultat est le moteur principal. À l’image de la Suède ou de l’Espagne où l’atmosphère est plus crispée. Ce qui n’empêche pas de créer une relation. Encore moins de scorer. Car au vu du leaderboard après la troisième journée, il semble clair que l’affinité ne fait pas tout. Première au classement, l’équipe du Danemark l’illustre parfaitement. Cependant, derrière dans le Top 5, suivent quatre équipes formées en partie par leur amitié. S’il n’y a pas de corrélation évidente, pour l’ensemble des équipes, le lien qui réunit les deux joueurs permet d’aborder plus facilement les situations délicates.

mots clés