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Golf – World Cup – Dans l’intimité des Bleus (2/2)

Double bogey sur le 2, ça démarre mal. Face au manque de précision des fers de Romain, Dubush est contraint de compenser. Dès le trou n°1, il posait un chip à un mètre du drapeau et dans un hochement de tête serein, sans un mot, lançait à son partenaire un regard qui traduit « ne t’inquiète pas, je suis là ». Il faudra quatre trous avant que les épaules de Langasque ne se relâchent et que tous deux trouvent leur niveau de jeu.

En tant que supporteur, Marc Langasque voit la bonne entente et l’unité entre son fils et son ami. La figure paternelle qu’il est ressent « ce petit quelque chose ». La fierté. S’il ne trouve pas le terme, son attitude le fait pour lui. Engagé, il filme, commente et se place au mieux sur la plupart des coups français. « Mais jamais derrière ou dans l’axe du regard, je ne veux pas les gêner ». Pendant ce temps, Stéphanie, sa compagne, prend note du leaderboard sur l’écran géant du par 3 du 6. À -5 total, la France est provisoirement 8e. « Le stress, c’est eux qui l’ont, pour nous c’est un bonheur de les voir jouer et s’amuser ; ils vivent leur rêve » confie-t-elle. Mais comme tout l’entourage des Bleus, elle vit chaque occasion de birdie à 100%. Sur un putt compliqué de six mètres au 7, une virgule de Victor empêche sa team de grapiller un point. Une voix féminine s’exclame, « c’est pas possible » ! Dubuisson se tape la cuisse. Patience, la récompense arrive.

Les montagnes russes

Sur cinq trous, le clan tricolore passera par toutes les émotions. L’exultation d’un eagle au 8 qui répond au fist bump rageur de Langasque et Dubuisson précède l’interrogation d’un par manqué au trou suivant. Sur ce trou n°9, tout le monde pense que le second shot de Romain termine dans le bunker. Sauf un. « Non c’est bon, Victor aura juste un chip en descente pas évident mais ça va le faire » analyse Marc Langasque. Comme une prémonition car le double vainqueur du Turkish Airlines s’exécute parfaitement même si une nouvelle claque d’agacement sur la cuisse montre qu’il aurait préféré laisser un putt en montée à son partenaire pour sauver le par. Bogey. Une virgule rageante fait passer le binôme à +1. Pas de mots entre les deux, juste un bref regard comme pour s’excuser. Romain sait qu’il doit se rattraper.

Sur le green suivant, cinq mètres le séparent du trou. Cette fois, pas d’erreur, la balle meurt au bord du trou et finit par tomber. « Yes ! C’est bon ça ! ». Victor Dubuisson affiche un large sourire dans une barbe de bucheron et s’empresse d’aller féliciter son partenaire cadet.

Le putt impossible du 18

Le score de la journée oscillera entre 72 et 73 les huit derniers trous durant. Jusqu’à l’ultime épreuve pour Langasque. « Le putt de 1,10m que j’ai au 18 – en descente gauche-droite, grain avec, vent avec, devant tout le monde – est l’un des pires que j’ai pu avoir à faire. Victor est venu me voir en me disant ‘tu la joues morte au trou, si elle rentre c’est bien, sinon on est 6e pour demain et c’est bien aussi ; je te ferai pas la gueule si tu le rates donc te mets pas la pression’ ». Sur le fond de la photo, dans un survêtement bleu électrique, Stéphanie est aussi soulagée que le caddie de son beau-fils. Ça rentre. -7 total, quatrième à la veille du dernier jour, le clan bleu, blanc, rouge, est satisfait de cette journée. Dimanche, un exploit de la France lui permettrait de décrocher le premier titre de champions du monde de son histoire.