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Golf – World Cup – Dans l’intimité des Bleus (1/2)

Chacun de leur côté, ils démarrent leur échauffement. Putting pour Romain Langasque, chipping pour Victor Dubuisson vite rejoint par son acolyte. Le touché est bon, l’ambiance décontractée. En arrière-plan, on aperçoit un petit groupe de supporteurs à l’accent très latin où la prononciation du  »r » anglais accroche autant qu’une gratte autour du green. Marc, papa de Romain, est accompagné de « l’équipe habituelle » : sa compagne et leurs amis. Tous sont aussi proches du fiston que de Victor Dubuisson, presque considéré comme un membre de la famille. « Vous pouvez le remarquer sur le parcours, c’est comme un grand frère » explique le chef de famille. Lui et les siens sont premiers supporteurs du binôme. Déjà présents jeudi, ils se sont même octroyés un 18 trous au Royal Melbourne GC vendredi.

Le temps de chauffe

À trente minutes du départ, il est temps de forger le fer au range du  »King », le Kingston Heath Golf Course. Une petite bise au passage pour saluer tout le monde et les Français rentrent un peu plus dans leur préparation. Côte à côte, le Cannois et le Cabriencs tapent traits sur traits. « Je les sens bien aujourd’hui, je ne sais pas pourquoi ». La prédiction ne sera qu’à moitié vraie sur le parcours. « On garde la même stratégie que vendredi, Victor démarre sur les trous impairs et on essaie de rester prudent » livre Axel Bettan. Et comme deux jours plus tôt, ils jouent les balles de Dubush. « C’est un détail qui ne me pose aucun problème » lâche son partenaire. Père Langasque, confiant et pas peu fier depuis les tribunes du range, s’improvise journaliste et publie un live sur Facebook. Le premier d’une longue série ce samedi.

Un peu plus loin sur la gauche des Bleus, c’est un autre monde. Rickie Fowler et Jimmy Walker sont dans leurs exercices sous les yeux de deux gorilles. Blouson noir, lunettes noires et aimables comme une porte de prison : les gardes du corps dans toute leur splendeur. Une atmosphère de guerre alors qu’à cinq mètres de là, les quatre Français – joueurs et caddies – rigolent sur leur frappe de balle ou des articles parus la veille.

Rendez-vous avec le King

« Moins de dix minutes les gars, il faut y aller ». Axel Bettan et son chapeau font le décompte. Les proches du nouveau joueur du Tour Européen 2017 demandent un dernier selfie histoire de l’envoyer aux copains mais le temps manque. Tout sourire et en trottinant, le 188e joueur mondial repousse l’échéance. « Petit con, je sais pas qui t’a éduqué comme ça » blague son père. Il n’échappera aux barres chocolatées de Stéphanie, sa belle-mère. La détente atteint son paroxysme. Sauf qu’au départ du trou n°1, on ne le voit pas mais Romain Langasque a la trouille. Un sentiment que seul ses proches décèlent. La raison se trouve quelque part entre la volonté d’assumer le choix de Victor, l’enjeu de leur résultat et la foule de japonais venue suivre Hideki Matsuyama, numéro cinq mondial. « Ladies and gentlemen, from France, please welcome Victor Dubuisson and Romain Langasque » ! Applaudissements, adresse, praline de Dubuisson. Pendant deux jours, le parcours a subi le jeu français. À 12h10, le  »King » est prêt à rendre les coups.