Actualités Compétitions Ryder Cup

Golf – PGA Tour – Tiger Woods : «Envie de gagner»

«Quinze mois après votre dernier tournoi, que représente pour vous ce retour à la compétition ?
Ca fait du bien d’être là même si revenir ici a été un sacré challenge. J’ai beaucoup travaillé pour être de retour. Il a fallu m’armer d’une extrême patience, ce qui comme vous le savez n’est pas vraiment l’une de mes marques de fabrique. Mais cela m’a permis d’en arriver là, d’être capable de jouer et d’être compétitif à nouveau.

Qu’avez-vous fait pendant tout ce temps loin des parcours ?
Etre tenu éloigné du jeu m’a permis de faire d’autres choses. J’ai pu passer du temps avec Charlie et Sam (ses enfants), les emmener à leurs évènements sportifs et participer avec eux… En tant que golfeur pro, nous n’avons pas la chance de passer la moitié de la saison à la maison comme c’est souvent le cas dans d’autres sports. Nous sommes toujours sur la route. Pour une fois, c’était agréable d’être à la maison et de pouvoir faire ce genre de choses avec mes enfants. Ce sont des moments que je chéris et que je chérirai toujours.

Cette période loin des circuits m’a aussi permis d’organiser la phase 2 de ma vie professionnelle en réunissant toutes mes marques pour créer TGR. Je l’appelle phase 2 car je ne pourrai pas jouer toute ma vie à un niveau compétitif. Est-ce que j’aimerais jouer au golf toute ma vie? Oui, mais je ne serai pas capable de le faire au top niveau pour toujours.

«J’ai beaucoup plus d’amis que je ne pensais avoir»

Avez-vous reçu beaucoup de soutien durant votre absence ?
La plupart des gens ne réalisent pas la fraternité qui règne sur le Tour. Durant les 15 derniers mois, j’ai reçu énormément de soutien des gars qui souhaitaient mon retour et m’ont aidé de toutes les manières possibles. Je ne compte plus le nombre de diners, de textos ou de coups de fil reçus. Beaucoup de joueurs ont essayé de m’aider à revenir, m’ont offert tous types de soutiens. Ils ont été géniaux avec moi. J’ai finalement beaucoup plus d’amis que je ne pensais avoir.

Durant la première partie de votre carrière, vous passiez plutôt pour un loup solitaire. Allez-vous conserver cet esprit de camaraderie avec ce retour au jeu ?
Mais quand je joue c’est très différent. Durant la compétition, je suis là pour vous battre, c’est tout. Peu importe s’il s’agit en face de l’un de mes meilleurs amis, comme O’Meara au World Match 1998. Je ne vais pas lui donner un putt, je suis là pour le battre. Cela ne nous empêche pas ensuite de sortir diner ou boire un verre ensemble. Mais la plupart des gars avec lesquels j’ai grandit durant les 15 premières années de ma carrière évoluent maintenant sur le Champions Tour. Aujourd’hui, il y a de nouveaux gars avec lesquels je peux faire les mêmes choses. La seule différence, c’est que je n’ai pas encore vraiment joué contre eux, mais sur le parcours je serai le même!

«Le but est toujours d’aller là-bas pour battre les autres gars»

A l’origine votre retour était prévu au Safeway Open en octobre. Que s’est-il passé ?
Plusieurs choses se sont passées en fait. Participer à la Ryder Cup en tant que vice-capitaine m’a beaucoup apporté. J’ai eu la chance d’être dehors avec les gars, de vivre et de ressentir l’événement. Mais cela m’a aussi démangé de ne pas pouvoir m’entraîner pendant cette semaine. Nous avions les plus belles installations, un practice et un putting green parfaits, et nous n’étions pas autorisés à taper des balles ! J’aurais pu jouer le Safeway après avoir tapé quelques coups. J’ai déjà joué et gagné des tournois avec moins de préparation, mais je devais mettre toutes les chances de mon côté. Me retirer était une décision difficile à prendre, mais c’était la chose la plus intelligente à faire, même si en tant qu’athlète cela m’a tué de ne pas jouer. Je me sentais prêt mais je me suis dit qu’après 13 mois sans jeu, que représentaient 2 mois d’attente en plus ?

Qu’est ce qui a changé depuis ?
J’ai deux mois de plus d’entraînement derrière moi, j’ai pu me renforcer et tester de nouveaux équipements. Joe (son caddie) est venu me voir plusieurs fois et nous avons joué et marché ensemble. C’est surprenant mais on a beau marcher, faire du vélo, se préparer physiquement, ce n’est pas pareil quand on est sur un parcours de golf avec les clous sous les pieds. En rentrant, j’avais les chevilles et les pieds endoloris, je devais reprendre ces petites habitudes. Joey aussi d’ailleurs, qui n’avait plus porté de sac depuis longtemps. Nous nous sommes remis en forme tous les deux, en équipe et c’était sympa.

Que peut-on attendre de vous cette semaine au Hero World Challenge ?
Je vais essayer de faire ce que j’ai toujours essayé de faire, gagner le tournoi. Cela va être compliqué puisque j’ai été éloigné du jeu pendant très longtemps et que j’ai fait pas mal de changements dans mon jeu. J’ai changé d’équipement, mon physique a évolué tout comme mon entraînement, mais ma mentalité reste la même. Le but est toujours d’aller là-bas pour battre les autres gars. Ils vont essayer de me battre et je vais essayer de les battre. L’an passé, Bubba (Watson) s’est imposé en -25 et cela devrait se jouer dans ces environs encore cette année. Cela va être difficile pour moi mais je vais faire de mon mieux, rester concentré et essayer de me placer pour être dans le mix dimanche après-midi.

Appréhendez-vous le départ jeudi matin ?
Bien sûr, je suis nerveux car j’attache de l’importance à ce que je fais là-dehors. Je veux gagner, bien jouer, me donner les meilleurs angles et rentrer les putts. Ce qui compte c’est de savoir à quelle vitesse je vais pouvoir retrouver le rythme du jeu. Après la mort de mon père, j’étais revenu à Winged Foot (lors de l’US Open 2006) et je n’avais pas retrouvé le rythme avant le 5e ou 6e trou. A ce moment là, j’étais déjà 3 ou 4 coups au dessus du par et c’était dur. Je vais devoir retrouver le rythme rapidement et j’espère le faire.

Quel aspect de votre jeu vous préoccupe-t-il à l’heure actuelle ?
Ma capacité à ressentir les distances. Je n’ai pas eu d’adrénaline dans mon système depuis longtemps et retrouver cela va me faire me poser des questions : à quel point la balle ira-t-elle plus loin ? En général c’est un demi club, mais est-ce que ce sera plus car je n’ai pas joué depuis longtemps ou moins ? Je m’interroge là dessus, comment mon corps va ressentir l’énergie, la poussée d’adrénaline. En dehors de ça je suis confiant, j’ai testé tous les clubs et je suis bien avec. Après ce tournoi, je retournerai en tester d’autres, faire des réglages, mais je suis prêt.»

mots clés